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Prise en charge des étudiants du Module de Thérapeutique

L’APPRENTISSAGE DE LA THERAPEUTIQUE :

La thérapeutique est enseignée en 6ème année de médecine sous forme de travaux dirigés en groupe de six étudiants qui discutent de la résolution d’un problème selon une méthode qui permet de procéder de façon logique, déductive et en pratiquant d’après une démarche systématique. L’enseignant joue un rôle de facilitateur. L’étudiant doit donc faire ses propres recherches afin de résoudre son cas clinique (apprentissage et correction des erreurs par interaction avec le groupe en apprentissage par problème).

Les jeux de rôles permettent aux étudiants de corriger leurs erreurs par interaction entre les groupes en apprentissage. Cette manière de faire permet aux étudiants de travailler dans l’enthousiasme tout en mettant le malade au centre de l’acte thérapeutique, grâce à son information et par une éducation de l’étudiant à développer son écoute aux problèmes rapportés par les patients.

L’enseignement se fait en 6 étapes successives, agencées de manière logique, déductive et permettant de procéder de façon systématique quelque soit le problème à résoudre.

LES 6 ETAPES DE RESOLUTION DU PROBLEME

1- Formuler le problème du patient :

poser un diagnostic

2-Spécifier l’objectif thérapeutique :

Existe-t-il des données physiopathologiques sur la maladie ? Lesquelles ?

Existe-t-il des données sur le pronostic de la maladie ? Lesquelles ?

Que vise-t-on avec le traitement ?

L’objectif thérapeutique correspond-il à l’attente du malade ? Comment le discuter avec lui ?

3-Choisir le médicament de prédilection et s’assurer de son adéquation :

Existe-t-il des contre-indications ? Lesquelles ?

Existe-t-il des interactions ? Lesquelles ?

Le médicament et la forme pharmaceutique qui sont choisis, conviennent-ils au patient ? La posologie standard convient-elle au malade ? Faut-il la changer ? Que devient-elle ? La durée standard du traitement convient-elle au malade ? Faut-il la changer ?

4-Etablir l’ordonnance

à la base des critères d’efficacité, innocuité, adéquation et coût des médicaments.

5-Donner des informations, des instructions et des mises en garde.

Effets du médicament (lequel ? a lieu quand ? comment le reconnaître ? quelle durée pour avoir son effet ?)

Effets secondaires (lesquels ? quand ont-ils lieu ? quelle durée ? que faire ?)

Instructions (comment administrer le médicament ? fréquence d’administration durée du traitement ?)

Précautions à prendre (que faut-il éviter de faire lorsque l’on est sous l’effet du médicament ? quelle posologie à ne jamais dépasser ? interactions possibles ?)

Quand faut-il revoir le patient ? (Rendez-vous de contrôle).

6-Surveiller le traitement et y mettre éventuellement fin.

Apprécier les résultats du traitement institué et entrevoir la suite à lui donner.

Cet apprentissage inspiré de la méthode de GRONINGEN (Pays Bas), met l’étudiant dans une situation d’acteur (méthode active) qui ressemble au rôle qu’il est appelé à jouer lorsqu’il sera prescripteur en face de son patient en consultation ou lors d’une garde. Une variante à été ajoutée à la méthode de Groningen, et elle consiste à spécifier l’objectif thérapeutique aux effets des médicaments (curatif, préventif, palliatif, symptomatique et placebo…) de façon à mieux faire cerner par l’étudiant les attentes thérapeutiques à l’issue de l’administration des différents médicaments et le pouvoir thérapeutique de chaque groupe de médicament .

LES OBJECTIFS DE LA THERAPEUTIQUE

CURATIFS : par l’emploi de médicament qui permettent de guérir soit définitivement le patient (antibiotiques, antiparasitaires, antifongiques, antidotes), soit temporairement en retardant l’évolution défavorable d’une maladie (cytostatique par exemple).

PREVENTIFS : par l’utilisation de médicament qui empêchent la survenue de certaines maladies chez des sujets qui en sont généralement exposés (benzathine pénicilline, cholécalciférol,…)

PALLIATIFS : par l’usage de médicaments qui permettent de rétablir provisoirement une fonction défaillante ou de supprimer un symptôme désagréable.

SUBSTITUTIFS : par l’emploi de médicaments qui permettent d’apporter une quantité supplémentaire soit d’une substance endogène qui est produite en quantité insuffisante par l’organisme malade (exemple : une hormone), ou bien encore une dose complémentaire d’une substance exogène existant en quantité inadéquate par rapport aux besoins de l’organisme (vitamines, sels minéraux).

DIAGNOSTIQUES : grâce aux substances qui permettent des identifications de maladies (radio-opacifiants, produits marqués, édrophonium…)

PLACEBO : par des substances qui provoquent une sensation de « bien être » ou de « confort » chez le patient sans qu’il soit possible d’objectiver leurs effets thérapeutiques par des essais cliniques contrôlés. (A. Helali bien prescrire les médicaments)

Cet enseignement guide l’étudiant dans son apprentissage, mais ce dernier doit assumer l’entière responsabilité de son auto-formation qui sera évaluée à l’issue de l’apprentissage au cours d’un examen structuré par objectif d’apprentissage (ESO). L’accent est mis sur l’acquisition active par l’étudiant d’informations et de compétences, selon la manière d’apprendre qui lui convient le mieux, avec une capacité d’identifier ses propres besoins en connaissances pratiques.

En définitive, notre formation en thérapeutique tend à rapprocher les connaissances théoriques du cursus médical avec les besoins en pratique, à donner une méthode de raisonnement pour résoudre un problème, grâce à une méthode logique, déductive et systématique en étape qui est développé sur un modèle algorithmique. La méthode se veut l’aboutissement raisonnable d’un acte thérapeutique qui doit être la synthèse de toutes les connaissances en sciences fondamentales et en clinique.