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Possible lien entre l’insuline glargine et le cancer, néanmoins attendre d’autres études pour une confirmation définitive

L’association européenne pour l’étude du diabète (EADS en anglais) vient de publier ce 26 juin 2009 dans la revue Diabetologia un plaidoyer pour inciter à plus de recherche concernant un lien possible entre l’usage de l’insuline glargine (insuline Lantus®) et l’augmentation du risque de cancers, selon les preuves qui ont été rapportées par des études faites en Allemagne, en Suède et en Ecosse.

Il faut rappeler que le monde compte 200 millions de diabétiques dont 10% développent un diabète dès le début de leur existence (diabète type 1 insulinodépendant), tandis que les 90 % restants ont un diabète du type 2 (non insulinodépendant) qui se développe au 3e âge, qui est suivi souvent de façon irrégulière d’une augmentation pondérale (voir dans ce site dans la rubrique activités de groupes la partie diabète). Ce dernier diabète est traité par des règles hygiéno-diététiques et des sulfonylurées ou des biguanides. Cependant, à un stade avancé beaucoup de diabétiques du type 2 perdent leurs capacités de produire de l’insuline et ils sont alors mis sous insuline.

L’insuline humaine est commercialisée depuis longtemps et ses effets bénéfiques sont au dessus de tout soupçon. L’insuline glargine est récente et son utilisation ne cesse de croître en Algérie depuis son introduction en 2003. L’étude allemande dont il est question dans cette alerte a regroupé 127.000 malades et elle a mis en évidence un lien entre l’utilisation de l’insuline Lantus® et l’apparition de cancers. En outre, cette étude fait état d’une augmentation du risque cancer de façon dose-dépendante (les malades recevant insuline Lantus® seule à la dose de 10 U ont vu une augmentation du risque cancer de 9% comparativement à l’insuline humaine, mais les malades recevant 50 U voient ce risque augmenter et passer à 31%).

Le professeur Edwin Gale, rédacteur en chef de la revue Diabetologia et le professeur Ulf Smith, président de EADS ont accordé une grande importance à ces études de grande qualité faisant état d’association entre cancers et utilisation de l’insuline Lantus® . L’étude suédoise signale une augmentation de cancers du sein, ce qu’une étude écossaise ne confirme pas avec une autre étude faite au Royaume Uni. Certains auteurs suggèrent une action possible par un passage à une phase cancérigène chez certaines sous populations se trouvant en phase de cancers latents qui ont été révélés par l’insuline Lantus®, mais ce n’est encore que des hypothèses qui ne dissipent pas le doute. De ce fait, les auteurs ont demandé la réalisation d’autres études par d’autres instances de recherche et/ou de pharmacovigilance pour confirmer ces premiers résultats. En attendant, il est recommandé aux malades de ne pas arrêter de prendre leur traitement à l’insuline Lantus® sans l’avis médical, et aux médecins de prendre en considération cette alerte et prescrire plus souvent l’insuline humaine, plus particulièrement lorsqu’ils sont en face de malade diabétique ayant dans sa parenté directe une malade ayant souffert d’un cancer du sein ou chez qui il y a déjà un cancer patent.  

CNPM, juillet 2009