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Critères de catégorisation du diabète selon l’Organisation Mondiale de la Santé

Résumé du rapport technique et des recommandations

Depuis 1965, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié des guides pour le diagnostic et la classification du diabète, ils ont été révisés pour la dernière fois en 1998 et ont été publiés en tant que guides pour la définition, le diagnostic et la classification du diabète sucré et de ses complications.
Dés lors, plus d’informations pertinentes pour le diagnostic du diabète sont devenues disponibles. En novembre 2005, un groupe composé de l’OMS et de la Fédération Internationale du Diabète (FID) et du Groupe consultatif technique s’est réuni à Genève pour examiner et mettre à jour les guides actuels de l’OMS.
Après examen des données disponibles et les récentes recommandations formulées par d’autres organisations, le groupe a formulé les recommandations suivantes :

Recommandation 01 :

À l’heure actuelle, le critère de diagnostic admis par l’OMS pour le diabète doit être maintenu à une glycémie à jeun ≥ 7.0mmol/L (1,26g/L) ou une glycémie post prandiale ≥11.1mmol/L (2g/L).
En dépit des limites des données à partir desquelles les critères diagnostics du diabète ont été identifiés, le critère le plus courant distingue un groupe avec un important risque de complications micro vasculaires et cardiaques et d’une mortalité prématurée.

Recommandation 02 :

Etant donné qu’il n’existe pas suffisamment de données pour définir avec précision les niveaux de glucose normal, le terme « normo glycémie » devrait être utilisé pour les niveaux de glucose associé à faible risque de développer un diabète ou des maladies cardio-vasculaires, et ces niveaux doivent être inférieurs à ceux utilisés pour définir une hyperglycémie intermédiaire.

Recommandation 03 :

La définition de l’OMS pour l’intolérance au glucose (ITG) doit être maintenue pour le moment.
Des considérations doivent être envisagées pour cette catégorie d’hyperglycémie dans le cadre d’une évaluation globale du risque par le diabète, les maladies cardio-vasculaires, ou les deux, lesquelles incluent une mesure du glucose comme une variable continue.

Recommandation 04 :

Le chiffre limite de la glycémie à jeun de l’hyperglycémie modérée à jeun (HMJ) dans l’ITG doit être maintenue à 6,1 mmol / L (1,1 gr/L).
Cette décision est fondée sur une augmentation significative de la prévalence de l’(ITG) si l’on diminue le chiffre de l’HMJ tant sur les individus que sur la charge de travail des systèmes de santé.
Il ya un manque de preuves de tout avantage en termes de réduction des effets défavorables ou la progression vers le diabète chez les personnes identifiées comme ayant un chiffre limite inférieure à 5,6 mmol / L (1g/L), comme étant plus favorables au risque cardiovasculaire et seulement un risque diminué de moitié de développer un diabète par rapport à ceux au-dessus de la limite de l’OMS.
Il ya un manque de preuves statuant que le malade qui a moins de 1g/L gagne des avantages en risques cardiovasculaires par développement du diabète en comparaison au chiffre de l’OMS.
Il faudrait envisager de situer cette catégorie d’hyperglycémie intermédiaire par une évaluation globale du risque du diabète, de la maladie cardiovasculaire, ou les deux, incluant une mesure du glucose comme une variable continue.

Recommandation 05 :

1. La Glycémie veineuse doit être la méthode standard de mesure des concentrations de glucose dans le sang. Toutefois, étant donné l’utilisation généralisée de prélèvement capillaire, en particulier dans les pays à ressources limitées, les valeurs de conversion pour la glycémie capillaire sont données par les valeurs de la post-charge en glucose. Les valeurs de la glycémie veineuse à jeun et la glycémie capillaire sont identiques.
2. La glycémie doit être mesurée immédiatement après la collecte du sang pour test. Si un échantillon de sang est recueilli, le plasma doit être immédiatement séparé, ou bien l’échantillon doit être recueilli dans un récipient avec des inhibiteurs de la glycolyse et mis immédiatement dans de la glace jusqu’à l’analyse.

Recommandation 06 :

L’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) doit être retenue comme un test diagnostic pour les raisons suivantes :
- La glycémie à jeun ne parvient pas à elle seule à faire le diagnostic que chez 30% des diabétiques non diagnostiqués précédemment,
- L’HGPO est le seul moyen d’identifier certaines personnes avec ITG,
- L’HGPO est souvent nécessaire pour confirmer ou exclure une anomalie
de la tolérance au glucose chez des personnes asymptomatiques.
- L’HGPO doit être utilisé chez les personnes ayant une glycémie à jeun de 6.1
à 6.9mmol / L (1,10-1,25g/L) afin de déterminer la tolérance au glucose.

Recommandation 07 :

Actuellement, l’HbA1c n’est pas considéré comme un test souhaité pour le diagnostic du diabète ou de l’hyperglycémie intermédiaire.

Le tableau suivant résume les recommandations de l’OMS 2006 pour les
critères diagnostiques pour le diabète et l’hyperglycémie intermédiaire :

Concentration en glucose g/L** (mmol/L)**
Diabète
– à jeun
≥ 1,26  ≥7,0
Ou
– 2 h après charge en glucose ou les deux*  ≥ 2,00 ≥11,1
Intolérance au glucose (I.T.G.)
– à jeun (si mesurée)
< 1,26 <7,0
Et
– 2 h après charge en glucose * ≥1,40 et 2,00 ≥ (7,8)
Hyperglycémie modérée à jeun (H.M.J.)
– à jeun 
≥ 1,10

< 1,26

≥6,1-6,9

<7,0

Et
– 2 h après charge en glucose (si mesurée) <1,40 < 7,8


* La charge en glucose lors de l’HGPO sera de 75 g de glucose anhydre chez l’adulte et de 1,75 g par kilogramme chez l’enfant.

** Ne sont mentionnées ici que les glycémies mesurées sur plasma de sang veineux.

 

Source : summary of technical report and recommendations in definition and diagnosis of diabetes mellitus and intermediate hyperglycemia. Report WHO/IDF. Geneva 2006 ;1-3. (Texte original en anglais)